Les écrivains orientalistes français 

Le directeur a proposé aux équipes pédagogiques des départements de littérature turque et de sciences sociales une réflexion approfondie sur le regard porté par les écrivains français orientalistes du XIXᵉ siècle sur Istanbul et le monde ottoman.

En s’appuyant sur les figures de Lamartine, Théophile Gautier, Gérard de Nerval et Pierre Loti, il a montré comment Istanbul cesse d’être une simple ville pour devenir une idée, un symbole, voire un personnage littéraire. Pour Lamartine, la ville représente une quête spirituelle et une forme de pureté religieuse ; pour Gautier, elle devient un spectacle esthétique, figé dans une beauté picturale ; chez Nerval, elle se transforme en espace onirique, presque halluciné ; enfin, chez Loti, elle incarne une nostalgie passionnée, menacée par la modernité.

La présentation a également mis en lumière les mécanismes de l’orientalisme : sélection du pittoresque, esthétisation du réel, effacement des réalités politiques contemporaines et construction d’un « Orient éternel ». En écho aux analyses d’Edward Saïd, le directeur a souligné que cet Orient littéraire reflète souvent davantage les désirs et les inquiétudes de l’Europe du XIXᵉ siècle que la réalité historique ottomane.

En conclusion, la présentation a invité les enseignants à croiser les regards, à distinguer imaginaire et réalité, et à encourager les élèves à lire Istanbul non comme un décor exotique, mais comme une ville de strates, de transitions et de voix multiples.